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samedi 29 novembre 2008

De la tranquillité...

Je vous écris du coeur de la Turquie. Ici, la vie se déroule paisiblement. Je suis assez stupéfait par le calme de ma vie. Ankara est une cité sage, enroulée dans son écharpe hivernale, et qui donne le sentiment d'être un gros chat qui somnole sur un canapé. Bien sûr, on trouve de l'exotique en fouillant un peu, mais, la ville est mienne. J'ai le sentiment de me balader chez des cousins européens, en réalité. Lorsque je vivais en Egypte, j'étais, par définition, différent de l'autochtone. A cause de mon salaire, et principalement de ma couleur de peau. Impossible d'échapper à sa condition au Caire. Ankara offre un décor dans lequel on se coule sans difficulté. On me parle Turc, immédiatement. Pas d'agréssivité des Taxis. Et, on peut trouver presque tout ce que l'on désire, pour peu qu'on exige pas un Saint-Nectaire (encore que... j'ai dégotté des tranches de Bacon récemment, et on s'est gavé du "Turkish Roquefort", un fromage de brebis qui fermente dans de la peau de chèvre... pas mal du tout !).



Nous avons gagné il y a deux semaines la Cappadoce, et on se retrouve transporté dans une sorte de conte de fées, assez improbable. La maison louée était une villa troglodyte, tout en hauteur, chaque étage ayant une plate-forme à ciel ouvert. Les chambres, sous les voutes, avaient beaucoup de cachets. Et puis, ces paysages de pâtisserie ont un charme incroyable... Ballade dans de la meringue...




Ma fille se porte bien. Elle aura un parrain turc ! Carole, dont le ventre continue à s'arrondir, semble heureuse. C'est bien là ma principale préoccupation. Quant au taf', il est super... Ouais, il est loin le temps de l'Egypte et de sa capitale si stressante.

Je me balade de temps à autre sur Kizilay, le centre d'Ankara, couvert de petits restos, de cafés, et d'échoppes de poissons. De loin en loin, les herboristes exposent de la menthe séchée, et les savons à l'huile d'olive. Ca sent le kebap, et les kumpirs (pomme de terre coupée en deux, remplie de salade). J'aime bien cette ambiance sereine, un peu jazzy... Mais, à nouveau, tout est si simple, que j'en reste interdit. Vivre à Ankara, c'est si facile.

Maintenant, j'attends que la neige vienne camper sur l'Anatolie. Nous irons tester les bains chauds, au sud d'Ankara... Et puis, la semaine prochaine, dernier voyage avant l'arrivée de la petite : quatre jours à Istanbul...

J'ai pas grand chose à raconter ces temps-ci... Bah ouais, j'ai quitté les rivages de l'absurdité. N'empêche, prendre aussi vite des habitudes à l'étranger, ça m'effraie presque un peu. Je suis bêtement heureux. Un bonheur tout simple. Celui de pouvoir vivre, sans contraintes. D'être comme les continents qui dérivent : peinard !

mercredi 1 octobre 2008

Nouvelles portes...


J'ai enfin posé le pied sur le sol turc. Une nuit fraîche. La ville ressemble à s'y méprendre à une cité européenne. Mais, avec un style communiste dans l'architecture. Pas de poussière, de bagnoles partout, et de ciel grisâtre. Ankara est construit dans une vaste cuvette. Et l'on distingue tout autour des montagnes pelées. L'Anatolie présente un visage singulièrement mélancolique.
Le petit aéroport d'Ankara est calme et dramatiquement silencieux à 20 heures. La poignée de passagers qui avaient partagé le vol au départ d'Istanbul avec moi, récupèrent rapidement leurs effets. Je sors, chargé comme un mulet, et un homme, sosie de Picasso en plus jeune (j'ai pas dit la peinture de Picasso hein...), vient à ma rencontre. Il se nomme Tarek, et je crois pouvoir dire que c'est mon premier ami en Turquie. On gagna son appartement qui domine toute la ville. Et déjà, une longue conversation s'engagea. Surtout à propos du taf. Tarek sait tout, ou pratiquement. Chaleureusement, il me précise le programme du lendemain : trouver un appart, après avoir rendu une rapide visite aux membres du Lycée.
Une jeune femme me conduisit à un agent immobilier francophone, Erim, fort sympathique. Après quelques visites, je choisis un bel appart' (notamment un vaste salon donnant sur un jardin), qui accueillera ma fifille - future championne olympique, polytechnicienne et prix nobel de littérature-, et bien entendu les amis (zêtes tous invités !) de passage.

A 14 heures, la jeune femme et moi décidâmes de manger. Je suggérai avec délectation une spécialité turque : ça me changera enfin de la tahina et du fatouch ! Elle me conduisit à un resto nommé "Eskander". Je croyais naïvement que c'était le nom dudit établissement. En réalité, il s'agit un "Kebap", mais cuisiné de façon un peu différente. Spécialité d'Ankara, ce met se présente dans un plat rectangulaire. La viande repose sur du pain, lequel baigne dans de la tomate et de l'huile (enfin, je crois). Alors, c'est bon, mais consistant... Et, ça frôle la surcharge - heureux oephémisme - lorsque un serveur arrive, une poelle à la main, et renverse du geste du semeur auguste, du beurre fondu... Bien. Niveau calorie, je vais tenir tout l'hiver.

Le soir, Tarek m'annonce qu'on va partager un Kebap. Et, me conduit dans un autre Eskander... Alors, cette fois-ci, j'ai décliné le beurre...
Surprise de Tarek : "C'est bien meilleur avec du beurre !"...

Le week-end dernier, je suis gentiment invité chez une de mes collègues. J'ai, dès lors, l'avantage conséquent de pouvoir discuter avec bon nombre d'entre eux. Et de me rendre compte que j'ai décidément de la chance. Après la richesse de mes rencontres égyptiennes, je découvre de nouveaux visages, et de nouvelles personnalités. Et, je retrouve encore l'essentiel, une sorte de connexion, pas indicible, mais discrète, voilée. Pourtant perceptible. Des gens, comme moi, qui aiment leur métier, qui sillonnent la planète, et qui me reçoivent avec sourire.

J'ai été triste de quitter l'Egypte. Parce que tout allait s'évanouir dans l'espace, et ne demeurer que dans le souvenir. Et, j'attendais avec impatience de remonter dans l'avion. A l'inverse de mon premier départ en Egypte, je n'étais pas angoissé ou effrayé. Pas non plus excité. Juste impatient de relancer la fabrique à souvenirs. Et, soudainement, je suis chez moi ailleurs. En une semaine à peine...

Ce week-end, donc, on me fit découvrir une sorte de bar-boîte de nuit, enfumé et vivant. Des posters du Ché, des corps qui dansent sur du rock des sixties. On commande des bières. On danse (mal dans mon cas... Parlons plutôt de gesticulations, ou même de mouvements désordonnés...). Et puis, passèrent les Doors. Et, avec Julien, qui revient de Bulgarie, après avoir vécu en Afrique, et Joao, un franco-portugais, qui m'avait parlé du Brésil et de Djibouti, on ouvrit largement nos bras, chantant ensemble, un peu alcoolisés, certes...

Mais, on peut être si heureux avec de futurs amis...